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On chercha quatrepersonnes ayant la même maladie que le roi, et on les envoya à Baréges àses dépens, sous la conduite de Gervais, chirurgien de l’hôpital de laCharité. C’était l’un des hommes les plus instruits de Paris, et ils’était acquis surtout une très-grande réputation pour la guérison destumeurs. Ces quatre malades furent soumis par lui à l’action des eauxsous toutes les formes, en bains, à l’intérieur, et surtout eninjections répétées dans le trajet fistuleux. Ce traitement dura fortlongtemps et ne fut suivi d’aucune espèce d’amélioration; en sortequ’ils revinrent tout aussi avancés dans leur guérison que quand ilsétaient partis[36].Une dame de la cour ayant raconté qu’allée aux eaux de Bourbon pour unemaladie particulière, elle s’était trouvée guérie par leur usage d’unefistule qu’elle avait avant, on envoya à Bourbon l’un des chirurgiens duroi, avec quatre autres malades; ils furent soumis aux mêmes expériencesque ceux de Baréges, et en revinrent comme eux sans changement dans leurétat.Mais l’essai des remèdes ne devait point s’arrêter là. Un religieuxjacobin vint trouver Louvois et lui apporta une eau avec laquelle ilguérissait, disait-il, toutes sortes de fistules. cabas vanessa bruno lin
Un autre annonçaitposséder un onguent qui n’en manquait aucune. D’autres proposaient aussides remèdes avec lesquels ils avaient obtenu des cures merveilleuses. Leministre, un peu embarrassé de toutes ces propositions, ne voulutcependant en rejeter aucune avant que l’expérience eût démontré soninefficacité. Pour juger en quelque sorte, par lui-même de leur valeur,il fit meubler plusieurs chambres de son hôtel de la surintendance[37],pour recevoir tous les malades atteints de fistule qui voulaient sesoumettre à ces différents essais, et il les fit traiter, en présencede Félix, par les auteurs de ces remèdes.Tous ces essais durèrent un temps fort long, sans aboutir à aucunrésultat.Louvois et Félix rendaient compte à Louis XIV des tentatives inutilesfaites chaque jour pour trouver un remède qui pût lui éviterl’opération, sur laquelle le premier chirurgien insistait de plus enplus. Mais avant de s’y décider, le roi voulut encore avoir l’avis deBessières, chirurgien en renom de Paris. sacs vanessa bruno soldes Bessières examina le mal, puisLouis XIV lui ayant demandé ce qu’il en pensait, il lui réponditlibrement que tous les remèdes du monde n’y feraient rien sansl’opération[38]. Le roi n’hésita plus, et l’opération fut décidée.Mais quelle méthode devait-on employer?Il y avait alors à Paris un nommé Lemoyne, qui s’était acquis unegrande réputation pour la guérison des fistules. Voici ce qu’en ditDionis: «Sa méthode consistait dans l’usage du caustique, c’est-à-direqu’avec un onguent corrosif, dont il couvrait une petite tente qu’ilfourrait dans l’ouverture de l’ulcère, il en consumait peu à peu lacirconférence, ayant soin de grossir tous les jours la tente, de manièrequ’à force d’agrandir la fistule, il en découvrait le fond. S’il y avaitde la callosité, il la rongeait avec son onguent, qui lui servait aussià ruiner les clapiers, et enfin, avec de la patience, il en guérissaitbeaucoup. Cet homme est mort vieux et riche, parce qu’il se faisait bienpayer, en quoi il avait raison, car le public n’estime les chosesqu’autant qu’elles coûtent. Ceux à qui le ciseau faisait horreur semettaient entre ses mains, et comme le nombre des poltrons est fortgrand, il ne manquait point de pratiques. cabas vanessa bruno cuir
» Ainsi Lemoyne avait remis enhonneur la cautérisation.–La ligature était le mode d’opérer le plusgénéralement suivi. Puis restait l’incision que Félix proposait au roi.Mais avant de se déterminer à suivre l’avis de son premier chirurgien,Louis XIV voulut qu’il lui expliquât la préférence qu’il donnait à cetteméthode sur les autres. Félix fut alors obligé de décrire au roi lestrois procédés; puis il lui fit remarquer, nous raconte Dionis, que lecaustique fait une douleur continuelle pendant cinq ou six semainesqu’on est obligé de s’en servir; que la ligature ne coupe les chairsqu’après un long espace de temps, et qu’il ne faut pas manquer de laserrer tous les jours, ce qui ne se fait pas sans douleur; quel’incision cause, à la vérité, une douleur plus vive, mais qu’elle estde si peu de durée qu’elle ne doit point alarmer une personne qui veutguérir sans crainte de retour; car outre qu’elle achève en une minute ceque les deux autres manières n’opèrent qu’en un mois, c’est que parcelles-ci la guérison est douteuse et qu’elle est sûre parl’incision.–Ces raisons, appuyées par Daquin, Fagon et Bessières,déterminèrent le roi, qui se décida pour l’incision.C’était une grave résolution qu’avait prise Félix.

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